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Les forfaits ADSL illimités en sursis

Par Alain Bastide le 31/08/2011 - indexel.net
 

Un document révèle que les opérateurs internet préparent des forfaits ADSL limités ou surtaxés à partir d’un quota de trafic mensuel. Les TPE et PME qui utilisent une ligne ADSL standard pourraient en faire les frais.

 

Les abonnements ADSL ressembleront-ils bientôt aux forfaits de téléphonie mobile ? C'est ce que laisse penser un document interne de la Fédération Française des Télécoms (FFT) dévoilé par notre confrère Owni.fr à la fin du mois d'août. Dans ce document, les principaux opérateurs français – parmi lesquels France Telecom, Bouygues et SFR – détaillent de nouveaux forfaits d'accès à l'internet... limité. Une première ! En fonction du forfait, un tableau récapitule les usages autorisés, limités, voir bloqués, ou non autorisés contractuellement.

Y'a-t-il une pénurie de bande passante internet pour que les opérateurs préparent ces offres ? Non. Mais la FFT tente de contenir les "5 % à 10 % de consommateurs qui utilisent 80 % de la bande passante" expliquait récemment au Figaro Yves Le Moël, directeur général de la FFT. Ces abonnés téléchargent des vidéos 24 heures sur 24. Bien que cette activité ne soit pas interdite dans le contrat qui relie l'abonné à l'opérateur, cette population marginale réduit de facto la bande passante disponible pour les 90 % d'abonnés "raisonnables". Or, si le coût de l'infrastructure (raccordement physique et réseau) est le même quel que soit l'abonné, le coût de la bande passante par abonné est directement lié à sa consommation.

Toute la difficulté est de trier l'ivraie du bon grain. Les opérateurs n'ont pas les moyens techniques de faire la différence entre un particulier qui télécharge illégalement des vidéos toute la journée et un indépendant ou une PME spécialisés dans les images 3D, la réalisation de vidéos professionnelles, ou l'édition de document à imprimer en grand format. Afin d'assurer la neutralité du net, le gouvernement a donc rappelé dans un communiqué qu'il "n'envisage aucune restriction de l'accès à internet et travaille bien au contraire au développement du très haut débit fixe et mobile sur l'ensemble du territoire et pour l'ensemble des Français. Nous travaillons à encadrer l'utilisation du terme 'illimité' par les opérateurs afin de protéger les consommateurs contre certains abus".

Malgré ce rappel à l'ordre, tout porte à croire que les membres de la FFT utilisent le prétexte des "net-goinfres" pour installer l'idée de forfait différenciés selon ses usages. Pour l'instant le document dévoilé ne porterait que sur des offres prospectives. Reste que ces forfaits différenciés permettraient aux opérateurs de réaliser, en moyenne, plus de chiffre d'affaires par abonnés. La création de ces nouveaux forfaits serait l'occasion d'augmenter les tarifs tout en semant la confusion dans l'esprit des clients, comme c'est aujourd'hui le cas pour les forfaits de téléphonie mobile et 3G "illimités". Pourraient alors apparaître des forfaits ADSL limités pour les particuliers et des forfaits "illimités" ou "premium" pour les utilisateurs dépassant un certain trafic mensuel tels que les PME.